La recherche d’un « prix freelance à Strasbourg » appelle souvent un chiffre rapide. Or un TJM ne se déduit pas proprement d’une ville seule. Deux indépendants qui habitent au même endroit peuvent vendre des prestations, niveaux de responsabilité, durées et résultats très différents.
Je ne dispose pas ici d’un échantillon représentatif et actuel des prix freelance pratiqués à Strasbourg par métier. Cet article ne publie donc pas de fourchette locale inventée. Il propose une méthode pour établir votre seuil, puis confronter votre tarif à des missions comparables.
1. Définissez ce que le tarif couvre
Avant de calculer, précisez l’unité : journée de prestation, forfait de livrables, accompagnement récurrent ou intervention courte. Un TJM n’a de sens que si le périmètre, le niveau d’autonomie, les délais et les responsabilités sont compris.
Listez aussi les postes à financer : rémunération visée, cotisations et impôts liés à votre situation, frais professionnels, assurance, matériel, logiciels, formation et périodes sans facturation. Si vous êtes en micro-entreprise, certaines charges professionnelles ne sont pas déduites du chiffre d’affaires pour calculer le revenu imposable ; vérifiez votre régime au lieu d’utiliser le calcul d’une autre forme d’exercice.
2. Estimez vos jours réellement facturables
Partez d’un calendrier annuel plausible et retirez congés, jours fériés non travaillés, administration, prospection, formation et temps de gestion. Tenez compte de votre façon réelle de vendre : une mission peut comprendre du cadrage, des échanges ou des corrections qui ne sont pas tous facturés séparément.
Suivez ensuite le temps réel pendant quelques mois et remplacez vos hypothèses par votre observation. Évitez de partir automatiquement de vingt jours facturables par mois : cette hypothèse ne tient pas compte du travail commercial et de la vie de l’activité.
3. Faites un calcul de seuil, puis des scénarios
À titre de méthode, divisez le chiffre d’affaires annuel nécessaire par le nombre de jours facturables que vous avez estimé. Ce résultat est un seuil de travail, pas un tarif de marché et pas une garantie de revenu. Selon votre régime, le calcul doit intégrer différemment cotisations, fiscalité, TVA et frais ; utilisez le simulateur Urssaf destiné aux micro-entrepreneurs ou un outil adapté à votre forme d’exercice.
Exemple fictif, uniquement arithmétique : si votre scénario de chiffre d’affaires nécessaire est de 60 000 € et que votre hypothèse est de 120 journées facturées sur l’année, la division donne 500 € de chiffre d’affaires par jour. Ce n’est ni un TJM recommandé, ni un benchmark strasbourgeois, ni une estimation de revenu net. Il faut vérifier que le scénario financier correspond à votre régime et préciser si vous raisonnez hors taxes.
Construisez au moins trois scénarios : activité prudente, scénario central et niveau d’activité soutenu. Changez séparément le nombre de jours facturables, les coûts ou la rémunération visée pour voir ce qui influence le résultat.
4. Comparez des missions similaires
Pour confronter votre prix à une demande, comparez la même chose : type de prestation, séniorité, durée, responsabilité, urgence, niveau de spécialisation, secteur de l’acheteur et modalités de travail. Une grille tarifaire trouvée en ligne peut mélanger des profils et des missions qui ne sont pas comparables.
Vous pouvez demander des retours à des pairs, examiner des appels d’offres ou parler aux acheteurs concernés. Notez la source, sa date et son périmètre. Ne concluez pas qu’un tarif est « le prix à Strasbourg » à partir de quelques anecdotes ou d’une plateforme unique.
5. Reliez le prix à un périmètre clair
Un devis compréhensible décrit les livrables, les hypothèses, le calendrier, les validations, le nombre de retours, les responsabilités du client et le traitement des demandes hors périmètre. Si le prix paraît élevé au prospect, cherchez d’abord à comprendre si le désaccord concerne le budget, la valeur perçue, le périmètre ou le risque. Réduire le prix en gardant exactement le même travail n’est pas la seule réponse : vous pouvez aussi revoir le périmètre, le calendrier ou la forme de la mission.
Pour approfondir, consultez la méthode de fixation des prix et le calcul du TJM à partir des jours facturables. Les règles applicables au régime micro et à la TVA évoluent ; vérifiez les dernières informations de Service Public Entreprendre et votre situation avec les sources officielles.
Une discussion entre pairs peut aider à examiner un devis ou une hypothèse. Le Cercle des Coopreneurs propose des rencontres Chill, Focus et Brainstorm ; elles ne constituent ni un service de conseil tarifaire réglementé ni une promesse de vente ou de recommandation.
