Le taux journalier moyen aide à transformer un objectif de chiffre d’affaires en repère de vente. Il ne dit pas à lui seul si le client acceptera le tarif, ni quel revenu net vous toucherez. Il faut séparer le calcul de viabilité de la négociation de la mission.
Étape 1 : estimer le chiffre d’affaires annuel à financer
Listez ce que votre activité doit financer : rémunération souhaitée, frais professionnels, cotisations et impôts selon votre régime, assurance, matériel, logiciels, formation et provision pour les périodes creuses. Faites cette estimation avec le régime que vous envisagez ; ne soustrayez pas les frais réels de votre chiffre d’affaires si le régime fiscal ne le permet pas.
Pour une micro-entreprise, les taux dépendent de la catégorie d’activité et la cotisation est calculée à partir des recettes encaissées. Le simulateur Urssaf pour auto-entrepreneurs peut aider à poser des hypothèses ; il ne remplace pas une vérification de votre régime ni un conseil comptable personnalisé.
Étape 2 : estimer le nombre de jours facturables
Partez du nombre de jours travaillés envisagé, puis retirez les congés, la formation, la prospection, les rendez-vous commerciaux, l’administration, le suivi des factures et les périodes sans mission. Si vous vendez des projets au forfait, incluez aussi le temps de cadrage, de coordination et de corrections prévu.
Utilisez une hypothèse prudente et une hypothèse centrale. Après quelques mois, comparez-les au calendrier réel. Il n’existe pas de nombre de jours facturables qui convienne à toutes les activités : la vente, la saisonnalité et les contrats changent le résultat.
Étape 3 : calculer un repère journalier
Chiffre d’affaires annuel nécessaire ÷ jours facturables prévus = repère de chiffre d’affaires par jour.
Exemple fictif : un indépendant modélise un besoin de chiffre d’affaires annuel de 60 000 € et prévoit 120 journées facturées. Le calcul donne 500 € de chiffre d’affaires par jour. Ces montants illustrent uniquement la division ; ils ne représentent ni un tarif conseillé, ni un revenu net, ni une moyenne observée dans un métier ou une ville.
Refaites le calcul avec plusieurs hypothèses de jours facturés. Si le nombre baisse, le repère journalier augmente ; si le besoin annuel change, le résultat change également. Cela permet de voir quelles variables sont sous votre contrôle et lesquelles demandent plus d’informations.
Étape 4 : vérifier la cohérence avec la mission
Avant de proposer un TJM, clarifiez la demande : livrables, interlocuteurs, délais, nombre de validations, responsabilités et éléments fournis par le client. Un tarif cohérent pour une mission bornée peut devenir inadapté si les exigences ou la disponibilité demandée changent.
Comparez votre offre à des missions réellement comparables : même spécialité, niveau de responsabilité, durée, secteur, degré d’urgence et modalités de travail. Un tarif trouvé sur une plateforme ou dans un baromètre peut couvrir un autre échantillon. Notez la date et la méthode avant d’en tirer un repère.
Étape 5 : décider entre TJM et forfait
Le TJM peut être approprié quand le volume de travail est incertain ou que le client achète une capacité sur une période. Le forfait peut faciliter la décision quand le résultat, les livrables, les hypothèses et les critères de validation sont clairement bornés. Un forfait doit prévoir la gestion des changements ; sinon une estimation mal cadrée transfère tout le risque sur vous.
Pour élaborer un tarif et traiter une négociation, consultez la méthode pour fixer ses prix. Pour structurer les conditions et livrables, utilisez le guide de proposition commerciale. Si vous démarrez, notre guide des premiers clients aide à tester votre offre sans confondre un calcul financier et une demande de marché.
